Fuite et dégât des eaux
Plomberie en location : qui paie quoi ?
Mis à jour le 29 août 2026
La réponse courte
Le principe : le locataire assume l’entretien courant et les menues réparations d’usage ; le propriétaire assume la vétusté, les vices et le remplacement des équipements. Concrètement, un joint ou un débouchage lié à l’usage relèvent du locataire ; un tube corrodé ou un chauffe-eau en fin de vie relèvent du propriétaire.
Le texte de référence
Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 fixe la liste des réparations locatives, c’est-à-dire celles qui incombent au locataire. Tout ce qui n’y figure pas et qui relève de la vétusté ou d’un vice reste à la charge du bailleur.
La loi du 6 juillet 1989 impose par ailleurs au bailleur de délivrer un logement décent et d’en assurer la jouissance paisible : il doit prendre en charge les réparations nécessaires autres que locatives.
Un bail ne peut pas transférer au locataire une charge que la loi met sur le bailleur. Une clause en ce sens est réputée non écrite.
Ce qui relève typiquement du locataire
Le remplacement des joints, des clapets et des petites pièces d’usage.
Le débouchage courant lié à son propre usage : graisse, cheveux, objet tombé.
L’entretien annuel de la chaudière, sauf clause contraire du bail.
Le maintien en état de propreté et le détartrage courant de la robinetterie.
La réparation d’un dégât qu’il a lui-même causé, y compris par négligence.
Ce qui relève typiquement du propriétaire
Le remplacement d’une canalisation corrodée, écrasée ou vétuste.
Le remplacement d’un chauffe-eau ou d’une chaudière en fin de vie.
Les bouchons dus à une canalisation déformée, envahie de racines ou mal conçue.
Toute mise aux normes et tout vice de construction.
Les parties communes en copropriété, via la copropriété elle-même.
Les cas qui coincent en pratique
Le bouchon récurrent au même endroit. Si le débouchage revient tous les trois mois, la cause n’est plus l’usage mais l’installation : cela glisse vers le propriétaire. Demandez au professionnel de l’écrire sur sa facture.
Le chauffe-eau qui tombe en panne. La réparation d’une pièce d’usure se discute ; le remplacement de l’appareil vétuste incombe au propriétaire.
L’urgence un dimanche soir. Faites intervenir pour limiter le sinistre, conservez la facture, et demandez le remboursement ensuite si la charge relève du bailleur. Ne laissez pas un logement s’abîmer pour une question de répartition.
La fuite chez le voisin. Chacun déclare à son assureur ; la répartition se règle entre assureurs, pas entre locataires.
La bonne pratique
Prévenez le bailleur ou l’agence par écrit — mail ou lettre — dès la découverte. La trace écrite est ce qui protège.
Demandez au professionnel de mentionner la cause sur la facture : « corrosion du tube », « bouchon de graisse », « vétusté du groupe de sécurité ». Cette mention détermine qui paie.
Conservez tout : photos, échanges, devis, factures.
Sources
Les affirmations réglementaires de cette page renvoient à leur source officielle. Les textes évoluent : vérifiez la version en vigueur avant toute décision qui en dépend.
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